
Akhenaton : "Le rap français a perdu sa boussole politique"
Le membre fondateur d'IAM critique fin avril 2026 la dépolitisation du rap français contemporain.
Akhenaton (Philippe Fragione, né en 1968), membre fondateur d'IAM, a livré fin avril 2026 une longue interview à Mouv' (Radio France) dans laquelle il critique fermement la dépolitisation du rap français contemporain.
Le constat
"Quand on a commencé en 1989, le rap était politique par nature. Aujourd'hui, 95 % du rap mainstream français se concentre sur la rue, l'argent, le love. Plus rien sur l'histoire coloniale, la mémoire africaine, la place de l'islam ou la critique sociale structurée."
Les exceptions
Akhenaton salue quelques rappeurs qui maintiennent une dimension politique :
- Médine — hommages à Malcolm X, critique de la laïcité de combat
- Kery James — Banlieusards et Lettre à la République
- Youssoupha — Astérix et Obélix, héritage IAM
- Disiz — Vénus 1.0, critique anti-consumérisme
Pourquoi cette dépolitisation ?
Akhenaton avance plusieurs hypothèses :
- Modèle économique streaming : les morceaux politiques sont peu adaptés aux playlists
- Algorithmes : poussent les morceaux courts, refrains simples
- Pression des labels : favorise les morceaux radio-ready
- Nouvelle génération : moins exposée à l'engagement politique formel
La méthode IAM
Akhenaton revient sur l'écriture politique d'IAM : "On lisait Frantz Fanon, Aimé Césaire, Cheikh Anta Diop. On allait dans les bibliothèques. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes rappeurs ne lisent que des tweets."
L'IAM en 2026
IAM a publié son 9e album Yasuke (2024). Le groupe continue à tourner régulièrement et à animer des ateliers d'écriture avec des jeunes rappeurs en collaboration avec la Fondation Marseille Provence.
Réactions
Plusieurs jeunes rappeurs ont réagi sur X. Niska a partagé l'interview avec un emoji "📚". Ninho a évoqué "un grand frère qu'il faut écouter". La nouvelle vague reste cependant majoritairement silencieuse.
Sources : Mouv', IAM Marseille, Fondation Marseille Provence.

