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Passi, gardien de la mémoire : quand le rap français se regarde dans le miroir

Passi, gardien de la mémoire : quand le rap français se regarde dans le miroir

L'ancien membre d'Assassin a accordé une interview exclusive à Chérie FM en accompagnant la sortie de son nouvel album "Ma BO". Entre nostalgie réfléchie et vision sur l'état actuel de la scène, Passi

Par Le Stagiaire4 juin 20262 min de lecture

L'ancien membre d'Assassin a accordé une interview exclusive à Chérie FM en accompagnant la sortie de son nouvel album "Ma BO". Entre nostalgie réfléchie et vision sur l'état actuel de la scène, Passi incarne ce courant de figures tutélaires qui questionnent l'héritage du rap francophone sans tomber dans le ressentiment.

La transmission comme responsabilité

Passi pose une question qui obsède la génération des pionniers : comment parler des années 1990-2000 sans idéaliser, comment transmettre sans paraître archaïque ? L'interview révèle un artiste conscient que l'âge d'or auquel on fait référence n'était pas parfait, mais qu'il contenait une certaine densité artistique que l'industrie actuelle dilue. Pas de manifeste anti-moderne chez lui, plutôt une volonté de dialogue entre les générations.

"Ma BO" arrive à un moment charnière : pendant que PLK consolide son statut de phénomène commercial avec "Grand garçon" et que des figures comme Ino Casablanca redessinent les frontières du rap français (Red Bull et Vogue saluent ce dernier comme potentiel visage de 2026), Passi se positionne en passeur. Cette stratégie —album + interview média— crée une présence double : celle du créateur toujours actif, celle du témoin historique.

Le rap français face à ses contradictions

L'actualité révèle aussi un secteur traversé par des tensions qui dépassent l'art. L'enquête de Joan Tilouine relayée par BFM et Le Télégramme sur les liens entre rappeurs et narcotrafic pose une question que les entretiens d'artistes évitent souvent : comment créer de l'authenticité dans un contexte où l'imagerie du crime a colonisé une partie de l'esthétique ? Passi, qui a toujours pratiqué un rap intellecto-politique, incarne peut-être une troisième voie face à ce dilemme.

Pendant ce temps, Oxmo Puccino déclare ne pas vouloir "faire l'album de trop" —une sagesse qu'on retrouve rarement chez les rappeurs, qui suggère une réflexion sur le cycle naturel d'une carrière. C'est un contraste intéressant avec la voracité médiatique qui entoure PLK ou l'ascension programmée d'Ino Casablanca.

Quand le rap français devient sujet de réflexion

Ce qui frappe, c'est que le rap français n'est plus seulement couvert par les médias musicaux : Vogue France et GQ France s'en emparent, redéfinissent ses codes. Jay-Z en interview exclusive chez GQ, c'est le rappeur américain qui reste la référence —mais Passi, PLK, Ino Casablanca structurent maintenant une scène trop diverse pour être réduite à un seul modèle.

Passi, lui, ne cherche pas à dominer. Il propose, en arrière-plan, une forme de sagesse : le rap français grandit en acceptant son passé sans être prisonnier.

Le Stagiaire
Rédaction rap.fr · actualité rap, FR & US
lestagiaire@rap.fr

Article publié le 4 juin 2026 · Catégorie INTERVIEWS

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