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Mourad Merzouki crée une Cité des Arts à Lyon : le hip-hop sort de la rue pour entrer aux beaux-arts

Mourad Merzouki crée une Cité des Arts à Lyon : le hip-hop sort de la rue pour entrer aux beaux-arts

Le chorégraphe et artiste Mourad Merzouki lance un projet ambitieux : transformer l'ancienne ferme Berliet en Cité des Arts, un espace où hip-hop, danse, arts visuels et musique fusionnent loin des fr

Par Le Stagiaire21 juin 20263 min de lecture

Le chorégraphe et artiste Mourad Merzouki lance un projet ambitieux : transformer l'ancienne ferme Berliet en Cité des Arts, un espace où hip-hop, danse, arts visuels et musique fusionnent loin des frontières habituelles. Une révolution pour la scène rap française.

Une ferme Berliet rebaptisée en laboratoire créatif

L'ancienne usine Berliet, emblème de l'industrie lyonnaise, devient le terrain de jeu d'une nouvelle vision artistique. Mourad Merzouki, figure majeure de la danse hip-hop mondiale et créateur du collectif Accrorap, y établit une Cité des Arts pensée comme un carrefour disciplinaire. Pas de hiérarchie entre les formes : le hip-hop côtoie la poésie, le slam dialogue avec la danse classique, les beatmakers croisent les photographes.

C'est un signal fort lancé à la scène rap française : le hip-hop n'est plus confiné aux cités, aux salles de concert exiguës ou aux festivals périphériques. Il s'inscrit dans une démarche d'art contemporain à part entière, avec tous les financements, l'infrastructure et la légitimité institutionnelle que cela suppose. La ferme Berliet, murs chargés d'histoire industrielle, devient une métaphore parfaite : transformer la matière brute en œuvre collective.

Bousculer le hip-hop en croisant les disciplines

Merzouki l'affirme sans détour : "J'ai envie de croiser les disciplines pour bousculer le hip-hop". Cette posture de fusion n'est pas nouvelle pour lui — Accrorap, son crew fondé dans les années 1990, a toujours mélangé battle, slam et création chorégraphiée. Mais la Cité des Arts démultiplie cette ambition à l'échelle d'un écosystème entier.

L'enjeu ? Sortir le hip-hop français de certains carcans. Pas de rejet des racines old-school, bien sûr : les sessions freestyle, les battles, le boom-bap restent au cœur du projet. Mais en les plaçant aux côtés de résidences d'artistes, d'ateliers de création plastique, de studios de production, on crée des synergies inédites. Un beatmaker peut puiser l'inspiration auprès d'un danseur contemporain. Un rappeur dialogue avec un peintre. Les cloisonnements disparaissent.

Cette philosophie répond aussi à une question lancinante de la scène française : comment le hip-hop français peut-il garder son énergie brute tout en gagnant une reconnaissance culturelle large ? Merzouki propose une réponse : en cessant de choisir entre authenticité et légitimité. Les deux coexistent à la Cité.

Un coup de projecteur sur Lyon et ses talents émergents

Lyon n'est pas une nouveauté sur la carte du rap français. Mais avec ce projet, la ville se positionne autrement : non plus comme réservoir de talents isolés, mais comme carrefour créatif structuré. Les Hip-Hop Talents 2026 au Transbordeur, autre événement lyonnais de poids, consolident cette dynamique — des sélections jeunes talents à l'échelle régionale.

Parallèlement, la révélation montpelliéraine célébrée par Generations et les festivals décalés du type Smöll tag dans le vignoble nantais montrent qu'en 2025, le hip-hop français explore ses marges : il ne se résume plus aux métropoles lourdes, aux majors musicals et aux clips hyper-produits. Le mouvement se territorialise, se démultiplie, cherche des hybridations.

La Cité des Arts de Merzouki incarne cette mutation. Elle dit : le hip-hop n'a pas besoin de choisir entre guérilla créative et institution. Il peut être les deux. La ferme Berliet en est la preuve vivante.

Le Stagiaire
Rédaction rap.fr · actualité rap, FR & US
lestagiaire@rap.fr

Article publié le 21 juin 2026 · Catégorie NEWS

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